L’adoption fait partie de notre histoire

Nala et nous à Carcassonne.

L’adoption ne fait pas partie de notre vie depuis la création du projet. Elle en fait partie depuis toujours.

Juan Carlos a passé une grande partie de sa vie à accueillir et adopter des chatons trouvés dans la rue. Des animaux sans repères, parfois malades, souvent méfiants, presque toujours marqués par un début de vie difficile. Il a appris très tôt que l’adoption demande du temps, de la patience et une capacité à accepter que chaque animal arrive avec son propre bagage.

De mon côté, dans ma famille, nous avons adopté Nala. Mais très vite, j’ai compris que c’était elle qui m’avait choisie. Je suis devenue son repère, sa personne. Nous avons grandi ensemble, et elle m’a suivie lorsque je me suis installée seule, puis même lorsque j’ai changé de pays. Quand Juan Carlos et moi avons commencé notre relation, Nala faisait déjà partie de l’équation.

Une realité parfois plus complexe

Nala n’a pas été une chienne “facile”. Elle est arrivée avec beaucoup d’anxiété, beaucoup de peurs. Nous ne connaissions rien de son histoire. Nous ne savons toujours pas ce qu’elle a vécu avant nous. Les professionnels que nous avons consultés — éducateurs canins, comportementalistes — avaient leurs hypothèses. De notre côté, nous en avions aussi, basées sur ce que nous observions : peut-être un enfermement prolongé, probablement de la maltraitance, une expérience difficile au refuge. On nous avait expliqué qu’elle restait dans un coin, sans interagir. Peut-être des conflits avec d’autres chiens. Nous ne saurons jamais exactement. Mais tout indiquait qu’elle ne partait pas de zéro.

Nala, lors d’une promenade en montagne.

Nous avons beaucoup travaillé. Avec des professionnels. Avec patience. Avec essais et erreurs. Malgré cela, Nala n’est jamais devenue une chienne “idéale”. Elle n’a jamais été totalement à l’aise avec certains bruits, certains gestes brusques, certains environnements très stimulants. La socialisation avec d’autres chiens est restée compliquée.

Et c’est important de le dire.

Quand on adopte, on accueille une histoire, pas seulement un animal.

Quand on adopte, on accueille souvent des animaux qui portent une histoire lourde. Parfois inconnue. Parfois traumatique. On avance un peu à l’aveugle. On teste, on ajuste, on apprend à lire les signaux, à respecter les limites. On essaie de les aider à s’adapter à un monde bruyant, rapide, plein de stimuli.

Pourtant, il y a des victòries:

Apprendre à manger calmement, sans engloutir.

Accepter la présence d’un homme alors qu’elle en avait peur.

Ne plus réagir à chaque valise à roulettes, à chaque moto, à chaque vélo.

S’adapter progressivement aux déménagements, aux voyages, aux changements.

Ce ne sont peut-être pas des transformations spectaculaires. Mais ce sont des progrès immenses.

Nala n’a jamais été “parfaite”. Et nous ne l’attendions plus ainsi. Nous l’avons vue détendue. Nous l’avons vue heureuse. Toujours sensible, parfois encore inquiète, avec son sac-à-dos invisible.

Et c’est peut-être cela, adopter: comprendre que l’on ne fait pas disparaître le passé. On apprend à vivre avec lui.
À le respecter.
À s’y adapter.

L’adoption ne correspond pas toujours aux images idéalisées que l’on voit parfois. Elle demande de l’engagement, de la constance et beaucoup d’humilité. Mais elle offre aussi quelque chose d’inestimable: un lien construit dans la patience et la confiance.

Et c’est cette expérience, vécue bien avant la naissance de notre projet, qui a façonné notre regard et notre manière d’accompagner l’adoption aujourd’hui.

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